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N°IV 2023 MuseoMag
RECHERCHE
tandis que 677 ont été déportées. Parmi ces dernières,
seules 53 personnes ont survécu aux camps.
Parallèlement aux mesures de dédommagement,
l’Organisation de Récupération économique (ORE),
basée à Bruxelles, avait pour mission de restituer les
œuvres d’art spoliées par les nazis. Cette fois, il ne
s’agissait pas uniquement des œuvres spoliées aux
Juifs, mais bien à toute personne. Fait intéressant:
Georges Schmitt, conservateur adjoint au Musée,
était chargé, après la guerre, de faire le relais entre
les personnes spoliées et l’ORE. L’Organisation à
Bruxelles est elle-même un intermédiaire: elle re-
présente les gouvernements belge et luxembourgeois
auprès des Monuments
Men2.
Ainsi une correspon-
dance très intéressante se retrouve dans les archives
du MNAHA, où l’on découvre les démarches entre-
prises par Georges Schmitt pour rapatrier les armes de
la Grande-Duchesse ou encore les collections privées
de Joseph Bech. Aucune archive n’atteste qu’il a
également servi d’intermédiaire pour des familles
juives.
Il y a déjà eu des études sur la question de la pro-
venance de certains objets du MNAHA qui au-
raient pu être issus de spoliations. Le directeur,
Michel Polfer, a publié sur la question. De cette ma-
nière, cette recherche de provenance s’inscrit dans
une pratique plus ancienne au sein du MNAHA.
Pour conclure, soulignons une autre avancée: Edurne
Kugeler, archiviste du MNAHA, a réalisé un inventaire
des archives sur la Deuxième Guerre mondiale
conservées au musée. Ce travail essentiel facilite les
recherches de provenances, et de manière générale,
la recherche historique sur cette page sombre de
l’Histoire.
Yasmina Zian
1
Par Juifs, l’auteure comprend les personnes identifiées comme
telles selon les critères des lois raciales appliquées par le pouvoir
occupant.
2
Groupe composé de 350 personnes chargées en 1943 de préser-
ver le patrimoine culturel des zones de combat et du pillage nazi.
Après la guerre, ils auront pour mission de retrouver les œuvres
d’art pillées.