Full text: MuseoMag 2023_04

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N°IV 2023   MuseoMag 
Si au contraire, le multiple est d’une demi-longueur 
d’onde et que les creux de l’une correspondent aux 
crêtes de l’autre, elles vont s’annuler. Entre les deux, 
il y aura atténuation. 
Rappelons que la lumière visible est composée 
d’ondes électromagnétiques d’une longueur de 380 
à 780 nm. La synthèse additive de toutes les cou- 
leurs de l’arc-en-ciel se fait dans notre œil pour 
donner du blanc. Si on enlève une ou plusieurs com- 
posantes spectrales visibles de la lumière blanche, 
les longueurs d’onde restantes seront perçues 
comme colorées. 
UN PHÉNOMÈNE QUOTIDIEN 
En fonction de son épaisseur, la couche mince 
d’oxyde va donc intensifier différentes longueurs 
d’ondes et en atténuer, voire annuler d’autres, ce 
qui produit la coloration du métal. Cela fonctionne 
le mieux, si le film formé en surface a une épais- 
seur à peu près équivalente aux longueurs d’ondes 
de la lumière visible. Des gammes spectrales spéci- 
fiques entières sont alors atténuées, résultant dans 
des couleurs interférentielles très saturées. Plus 
le film devient épais, plus les gammes spectrales 
renforcées ou atténuées se multiplient et la couleur 
perçue faiblit… jusqu’à ce que le film soit trop épais 
pour laisser passer la lumière. À ce stade, on voit le 
gris/noir de l’oxyde de cuivre. 
Au quotidien, on peut observer de multiples 
exemples de ce phénomène dans les carapaces 
d’aspect métallique des coléoptères, une tache de 
carburant sur un flaque d’eau, le fond d’une casse- 
role en inox encore un peu chaude à la sortie du 
lave-vaisselle ou encore les bulles de savon de 
notre enfance. 
ET CE N’EST PAS TOUT 
Mais l’artiste n’en reste pas là. Il va ré-intervenir une 
troisième fois sur ses œuvres pour rehausser ou 
camoufler différentes zones. Un crayon gras 
permettra de colorer différentes formes obtenues par 
le travail du feu et de les saturer pour les mettre en 
avant dans la composition. Une peinture appliquée 
au pinceau sur des plages plus larges créera un fond. 
Ces trois étapes, différentes par leur technique, 
jouent en plus sur les tons avec la matérialité de la 
couleur. Les couleurs interférentielles proviennent 
de la matière intrinsèque du support pictural. L’encre 
de Chine est composée de noir de fumée finement 
broyée. La suspension colloïdale des molécules de 
carbone dans l’eau forme après séchage une fine 
couche indélébile noire, qui paraît presque sans 
corps, bien que clairement superposée au cuivre. 
Enfin, le crayon gras ou la peinture appliquée au 
pinceau sont constitués de pigments et de charges 
dans des liants épais qui marquent l’application par 
de fins empâtements faisant disparaître le support. 
En somme, les psychogrammes sont des œuvres 
d’une extrême complexité technique avec une 
matérialité à différents niveaux et une recherche de 
couleurs encore beaucoup plus sophistiquée qu’il 
n’y paraît de prime abord. C’est ce que j’ai tenté 
d’illustrer lors de ma visite thématique «Through 
the lens of» (06.07.2023) en ma qualité de spécialiste 
de la polychromie. 
Muriel Prieur TECHNIQUE
	        
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