Full text: MuseoMag 2021_04

15 04 ‘ 2021   museomag 
RESTAURATION 
cides. Outre leur utilisation curative, ces substances ont 
largement été utilisées en prophylaxie. Dès les années 
soixante, des doses de plus en plus élevées ont été 
nécessaires face à la résistance développée par 
certains insectes. 
ATTENTION MUSÉOPHAGES ! 
Actuellement, les collections muséales à travers le 
monde sont lourdement chargées en résidus de trai- 
tements antiparasitaires, que ce soit des métaux lourds 
ou des restes de pesticides ou de fongicides (DDT, 
lindane, pyréthroïdes, PCB etc.). Ces produits se re- 
trouvent dans l’air et contaminent les personnes en 
contact (personnel du dépôt, restaurateurs, gardiens, 
visiteurs …). Le MNHA, comme beaucoup d’autres ins- 
titutions, ne conserve pas d’historique du traitement 
de ses collections. Interventions de routines, elles ne se 
retrouvent souvent que dans les dépenses budgétaires. 
Au vu de l’état de la collection, il semble pourtant clair 
que les matériaux organiques aient subi des interven- 
tions de préservation au cours du temps. 
Dans les années 1970, suite aux effets secondaires né- 
gatifs de la surutilisation de pesticides, une approche 
différente a mis l’accent sur l’intégration de la biolo- 
gie des ravageurs et des pratiques culturales dans la 
lutte. L’IPM (Integrated Pest Management) a ainsi vu 
le jour et a rapidement percé dans les milieux non 
agricoles. Les normes sur les biocides, les tendances 
générales en matière de santé et de sécurité, mais 
aussi une conscience plus durable et respectueuse de 
l’environnement ont encouragé le recours à des mé- 
thodes de combat alternatives: anoxies, traitements 
thermiques, utilisation de prédateurs etc. Si l’IPM est 
actuellement largement répandu dans les musées des 
pays anglo-saxons, son implémentation dans les éta- 
blissements d’Europe continentale est plus laborieuse 
en dépit de plusieurs colloques internationaux plaidant 
pour cette approche (Piacenza 2011, Vienne 2013, Paris 
2016 et Stockholm 2019) et de l’instauration en 2016 
d’une norme européenne (16790 Gestion intégrée des 
nuisibles IPM pour la protection du patrimoine culturel). 
Dans les institutions culturelles, le terme IPM re- 
présente une approche planifiée, durable et holis- 
tique de la lutte contre les nuisibles. Cette approche 
«différente» s’inscrit dans les pratiques de conservation 
préventive. L’accent est mis sur la gestion des risques. Il 
s’agit de prévenir l’installation des nuisibles en agissant
	        
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