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MuseoMag 2022_02

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fullscreen: MuseoMag 2022_02

Periodical

Title:
MuseoMag

Periodical volume

Title:
MuseoMag 2022_02

Article

Title:
"Détruire, c'est détruire la mémoire et donc l'histoire" : La guerre coloniale portugaise sous l'ère dictatoriale de Salazar et la question de la désertion

Contents

Table of contents

  • MuseoMag
  • MuseoMag 2022_02
  • Sommaire
  • Editorial
  • The rape of Europe: Maxim Kantor on Putin's Russia (works 1992-2022)
  • Schéin dech kennenzeléieren ! : D'Grënnung vum Lëtzebuerger Konschtarchiv am MNHA
  • Reunited after 150 years: Adriaen and Maria van Leyden, husband and wife, find each other again at the MNHA
  • Des portraits Flambant neufs : 10 ans de collections M3E : Les préparatifs avancent à grands pas
  • "Détruire, c'est détruire la mémoire et donc l'histoire" : La guerre coloniale portugaise sous l'ère dictatoriale de Salazar et la question de la désertion
  • "Je refuse la poussière sous le tapis..." : Entretien avec Abnousse Shalmani, romancière et essayiste invitée dans le cadre de l'exposition "Iran between Times" d'Alfred Seiland
  • 1001 Nuecht am Musée : Eng Journée découverte am Zeeche vun der Iranescher Kultur
  • Out of the social body: A new acquisition for the collection of Luxembourg art: Julie Wagener's It Hurts Until It Doesn't /// Put into context
  • A vos risques et périls : Une demande de prêt a relancé la discussion sur les risques de santé liés à la manipulation et à l’exposition d’objets spécifiques
  • Die Römer kommen ! Geschichte hautnah erleben in der Römischen Villa Echternach
  • Bon à savoir

Full text

15 02 ‘ 2022   museomag 
«DÉTRUIRE, C’EST DÉTRUIRE LA   
MÉMOIRE ET DONC L’HISTOIRE»  (1/2) 
LA GUERRE COLONIALE PORTUGAISE SOUS L‘ÈRE DICTATORIALE DE SALAZAR 
ET LA QUESTION DE LA DÉSERTION 
constitutionnelle transforme les colonies en «provinces 
d’outre-mer» et introduit la notion d’un Portugal pluri- 
continental et pluri-racial, «de la province du Minho» 
(nord du Portugal) jusqu’à la «province de Timor-Este», 
en Asie. À partir de 1961, début de la guerre coloniale 
en Angola, celle-ci est définie comme une croisade 
pour l’intégrité du Portugal et un rempart contre le 
communisme international au sein de la guerre froide. 
La guerre coloniale, qui durera 13 ans, sera centrale 
dans la politique dictatoriale de Salazar et de son 
successeur, Marcello Caetano, celui-ci la menant au 
nom de la défense des colons blancs portugais. La 
guerre coloniale fut aussi la cause indirecte et directe 
du coup d’État militaire le 25 Avril 1974. 
Au départ, l’exil politique portugais reposait 
surtout sur une motivation antifasciste, puis il a 
pris dans les années 50-60 un tour plus tranché, lié 
à la décolonisation et aux luttes anti-impérialistes. 
Mais lorsque l’émigration s’est faite massive – près 
d’un million et demi de Portugais quittent le pays 
entre la fin des années 1950 et le renversement de 
la dictature en 1974 –, les mobiles étaient moins 
politiques qu‘économiques, non? 
D’un côté, il faut parler d’émigration économique et, de 
l’autre côté, d’exil politique. Avec le début de la guerre 
coloniale et l’obligation du service militaire (jusqu’à 
quatre ans, dont deux dans les colonies en guerre), 
beaucoup de jeunes Portugais prennent le chemin 
de l’émigration économique aussi pour échapper 
au service militaire. D’une attitude pas forcément 
politique au départ, le réfractaire (qui ne faisait même 
pas la formation militaire) et le déserteur (celui qui 
abandonnait l’Armée après la formation militaire) ont 
basculé vers une attitude objectivement politique. 
Beaucoup de ces jeunes ont émigré pour des raisons 
économiques mais également pour ne pas faire la 
guerre. Beaucoup de jeunes plus politisés, par exemple 
des étudiants universitaires, prennent le chemin de 
l’exil pour des raisons plus ou moins politiques: certains 
parce qu’ils ne veulent pas combattre dans une guerre 
coloniale et d’autres par solidarité avec les mouvements 
africains pour l’indépendance. 
On sait qu’au cours de la dictature portugaise, la 
France fut un important pôle de regroupement 
d‘exilés politiques – pour la plupart des 
sympathisants communistes. Qu’en est-il du 
Luxembourg? 
La France, oui, et d’autres pays européens – à l’exception 
de l’Espagne. Les Pays-Bas et les pays scandinaves ont 
appuyé spécifiquement et politiquement les déserteurs 
et réfractaires portugais, et même les mouvements 
de libération africains. Le Luxembourg a aussi reçu 
des déserteurs et réfractaires, par-delà les émigrants 
économiques. Il faut dire aussi que, par exemple, les 
gouvernements de France, de Belgique et d’Allemagne, 
à ma connaissance, n’ont pas spécifiquement protégé 
les exilés par désertion, dans la mesure où ils ne 
demandaient pas le statut de réfugié politique. Mais 
jamais ces gouvernements n’ont extradé vers le 
Portugal ces déserteurs. En même temps, il y a eu des 
complicités gouvernementales, militaires ainsi que des 
alliances avec le Portugal dictatorial et colonialiste. 
Par exemple, l’armement exporté par ces pays (et les 
États-Unis) au Portugal pouvait seulement être utilisé 
par celui-ci dans le cadre de l’OTAN (Alliance à laquelle 
le Portugal a appartenu dès 1949), mais des avions et 
des armements exportés par ces pays ont, en toute 
connaissance de cause, été utilisés dans les colonies en 
guerre par la dictature portugaise. 
Où en sont aujourd’hui les recherches sur les 
massacres perpétrés dans les territoires africains 
colonisés par les Portugais? Les responsables ont- 
ils été identifiés? Et comment faire justice? 
Il y a des recherches sur les massacres perpétrés dans 
les territoires africains par le Portugal, surtout de 
l’historien Mustafah Dhada sur le massacre de Wiriamu 
et cinq villages de la Province de Tete, au Mozambique, 
où un tiers des 1.360 habitants africains ont été 
massacrés par les Forces Armées portugaises. Mais je 
pense qu’il faudrait beaucoup plus de recherches et 
surtout qu’elles soient publiées. 
Je ne pense pas que les responsables ont été 
identifiés, mais il faut dire que la responsabilité revient 
en premier lieu au gouvernement portugais et à ses 
hauts dirigeants militaires. Je trouve que la justice et 
son mode opératoire se trouvent du côté des Africains, 
des Mozambicains, et avec laquelle le Portugal 
démocratique doit collaborer. Il y a longtemps que je 
défends la création d’une commission de vérité sur 
ces massacres, mais c’est au Mozambique, à la Guinée 
et à l’Angola d’exprimer cette volonté et de la mettre 
en œuvre. 
Les traumas du passé esclavagiste de pays 
colonisateurs perdurent, en silence. Le Portugal 
est-il coupable d’un certain racisme institutionnel? 
Je pense que le silence du passé esclavagiste et 
de la terreur coloniale n’est plus total et qu’il y 
a une intéressante et riche bibliographie sur le 
sujet, notamment de l’historien portugais Valentim 
Alexandre, mais pas seulement. Evidemment que ENTRETIEN
	        

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