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Empreintes 04

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Metadata

fullscreen: Empreintes 04

Periodical

Title:
Empreintes

Periodical volume

Title:
Empreintes 04

Article

Title:
Combats d'idéologies dans l'architecture de la Belle Epoque ?

Contents

Table of contents

  • Empreintes
  • Empreintes 04
  • Sommaire
  • Bifaces du Paléolithique inférieur et moyen à Hellange - "Be'nert" (Grand-Duché de Luxembourg)
  • Un outil naturel : l'incisive de castor. Un exemplaire mésolithique inédit au Grand-Duché de Luxembourg
  • Don d'une lame de hache polie néolithique en éclogite
  • Une approche novatrice pour l'étude d'archives épistolaires : l'analyse de réseaux (égocentrés) appliquée à la correspondance archéologique du Dr. Ernest Schneider
  • Patrimoine historique et culturel en forêt
  • L'archéologie aérienne et la sécheresse du printemps 2011 : Quelques vues aériennes de sites connus et inconnus au Luxembourg
  • Zwei außergewöhnliche Keramikgefäße aus dem Vicus von Mamer-Bertrange
  • Un fragment de plaque en céramique représentant un chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit découvert à Blickweiler- "Osterberg" (Ldr. Saarpfalz-Kreis, Sarre, Allemagne)
  • Die Sammlungen der Musées de l'Etat unter deutscher Besatzung (1940-1945): Zum Ankauf der Kunstsammlung des Luxemburger Notars Edmond Reiffers durch die deutsche Zivilverwaltung
  • Variations sur le thème de l'Art Nouveau : la maison Link et la villa Robur
  • Combats d'idéologies dans l'architecture de la Belle Epoque ?
  • Une politique d'accroissement des collections au service du patrimoine et de la mémoire
  • Time for a change
  • Gesichter der Luxemburger Stahlindustrie : Acht Porträts aus dem Sitzungssaal des Arbed-Verwaltungsrates als Depot im MNHA
  • Jean-Baptiste Fresez (1800-1867), un artiste luxembourgeois du XIXe siècle
  • Exposition temporaires 2011-2012

Full text

73 
Empreintes 
2011 
Les styles médiévaux, regroupant le néo-roman et le néo-go- 
thique, se voulaient une alternative aux deux styles décrits. 
Leurs protagonistes jugeaient que les styles médiévaux, nés 
dans les parties septentrionales de l’Europe, convenaient 
mieux au climat local que la Renaissance et le Classicisme, 
importés de la Méditerranée. Enfin, les styles médiévaux, 
moins rigides dans leur expression, admettent plus de sou- 
plesse que les autres styles. Ils permettent tant des réalisa- 
tions luxueuses que des réalisations sobres et économiques. 
D’ailleurs, les « gothiciens » posent ouvertement la question 
du prix de l’architecture, et deviennent ainsi précurseurs d’une 
architecture à prix modéré, ouverte aux nouveaux matériaux 
de construction. La charpente en acier, le recours au béton 
armé et au linoléum, le lanternon en zinc et les colonnes en 
fonte à la Fondation Pescatore, la bibliothèque clé en main 
du Schriftstellerheim, la hardiesse des voûtes des plafonds 
des églises témoignent de cette intégration des nouveaux 
matériaux et de cette alliance entre la pensée de l’architecte 
esthéticien et de l’ingénieur fonctionnaliste. Le jeu ouvert des 
lignes horizontales et verticales annonçait un nouveau lan- 
gage des formes. Son ouverture à l’ossature métallique, clé 
en main et bon marché, lui valut la reconnaissance des indus- 
triels, dont témoigne l’exemple des ateliers néo-gothiques de 
la manufacture Villeroy & Boch. 
Toutefois, ces élans ne donnent pas toujours satisfaction, car 
on reste attaché au plan symétrique de la néo-Renaissance et 
du Classicisme. L’hôtel de la Chambre des Députés, la Fon- 
dation Pescatore, l’avant-projet de Demoget pour les bains 
municipaux et plusieurs églises en témoignent. Or, en disso- 
ciant le plan du style, le néo-gothique et le néo-roman posent 
la question du rôle de l’ornement devenu indépendant de l’ar- 
chitecture, alors que doit-on en faire ? 
Les styles médiévaux sont encore fortement chargés de consi- 
dérations idéologiques et philosophiques. Ils rappellent l’His- 
toire, et plus particulièrement l’Age d’Or du Moyen Âge, 
au cours duquel le Luxembourg jouissait d’une première 
autonomie. Il faut dégager l’âme de l’objet historique pour 
lui redonner sa splendeur originale. Or, les « gothiciens » 
luxembourgeois ne lui revendiquèrent guère de véritable 
connotation nationale comme ce fut le cas en France ou en 
Allemagne. Le néo-gothique est encore lié au patrimoine mi- 
litaire. La halte de Clausen et le château d’eau du Limperts- 
berg devaient rétablir le lien avec le patrimoine de l’ancienne 
forteresse et assurer au lieu un caractère pittoresque. 
Alors que la Renaissance et le Classicisme furent considérés 
comme des styles païens, les styles médiévaux, et plus par- 
ticulièrement le néo-gothique, furent interprétés comme des 
styles chrétiens, renvoyant au « génie du christianisme ». En ef- 
fet, les styles médiévaux furent fortement encouragés par les 
chefs de l’Eglise du Luxembourg Mgrs Laurent et Adames. 
A leurs yeux, il ne suffisait point d’accoler des références aux 
symbolismes chrétiens aux constructions néo-Renaissance ou 
classiques, car cela ne leur enlèverait point leur caractère pro- 
fane. Le néo-gothique du 
XIIIe 
siècle connut un rayonnement 
particulier parce qu’il présentait une architecture hautement 
décorative, sans exiger des frais de décoration et de sculpture 
exorbitants. Or, on constate rapidement que le langage des 
autorités ecclésiastiques se limitait aux seuls lieux et maisons 
de prières, pour lesquels un style économique semblait conve- 
nir tout particulièrement. Leurs couvents épousèrent un plan 
classique sous un revêtement néo-gothique ou néo-roman. 
Ceci fut vrai aussi bien pour les couvents Ste Zithe, des pères 
Jésuites ou des sœurs Franciscaines de Milwaukee. Pour les 
pensionnats et les écoles, non liés directement à une fonction 
religieuse, mais pour lesquels un plan très fonctionnel était 
nécessaire, le recours aux styles « profanes » embellis d’un 
symbolisme chrétien firent toujours l’affaire. 
Alors que les styles néo-Renaissance et néo-classiques carac- 
térisent les bâtiments publics, et que les styles médiévaux sont 
généralement assimilés au monde chrétien, les styles exo- 
tiques, orientaux et asiatiques, néo-byzantins, néo-égyptiens 
et néo-mauresques furent liés à la fonction précise de l’édifice 
à construire. Ils reflétaient l’image que la société se faisait de 
l’Orient et de l’Asie. Le monde commercial, se référant d’une 
part aux anciennes visions que l’aristocratie portait sur ces 
deux mondes, et d’autre part aux récits des voyages commer- 
ciaux et d’expéditions militaires, soulignait les aspects « exo- 
tiques » et de jouissance qu’il projetait sur ces civilisations. En 
soulignant la tradition du « Kaffeehaus » et des bains turcs, en 
promouvant le studio de thé japonais, le secteur commercial 
instrumenta ces références culturelles à des fins de commerce 
et d’amusement de la société. 
Mais le recours aux styles exotiques par les communautés 
juives et la franc-maçonnerie eut encore une signification 
bien plus profonde. Pour les francs-maçons, le néo-égyptien 
renvoyait directement à la construction du temple de Jéru- 
salem. Les Israélites, par contre, se référaient au style néo- 
mauresque pour affirmer leur identité. Ayant fui l’Alsace et 
la Lorraine annexée à l’Allemagne, et refusant toute tentative 
de germanisation par le biais du style néo-roman, la commu- 
nauté juive en quête d’émancipation qui s’installait à Luxem- 
bourg, ne pouvait affirmer sa ségrégation ethnique qu’en se 
référant au souvenir du judaïsme hispano-mauresque. 
Les styles régionaux ou « style des Grisons », en raison de 
sa familiarité avec les constructions élevées dans ce canton 
suisse, furent utilisés pour des immeubles construits dans un
	        

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