29 N°II 2024 MuseoMag En présence d’abrasions ou lacunes superficielles, il est possible d’effectuer des retouches localisées à l’aquarelle. Le comportement à long terme d’une estampe ne pouvant être prédit avec certitude, le restaurateur de photographie ainsi que les gestionnaires des collections planifient un suivi périodique de l’état de conservation des objets les plus sensibles, tels quel les procédés à base de colorants. En outre, l’équipe de conservation et de restauration analyse les données sur les conditions d’exposition (température, humidité, lumière et, si possible, polluants atmosphériques) dans le musée afin d’identifier les problèmes potentiels avant qu’ils ne causent des dommages. C’est pourquoi il est parfois nécessaire d’éviter ou de suspendre l’exposition de certains documents photographiques, pour garantir leur préservation à long terme, surtout quand ils se trouvent déjà dans un mauvais état de conservation ou commencent à présenter des signes d’altération. UNE VIGIE CONTINUE Qui dit collections muséales, dit la préservation impérative et dans les meilleures conditions possibles, qu’il s’agisse de documents d’archives ou de véritables œuvres d’art photographiques. Notre collection photographique (dont la plus importante est certainement représentée par les photographies d’Edward Steichen) ne cesse de s’enrichir de photographies (en couleur ou en noir et blanc, ou encore de fonds de négatifs sur plaque de verre et sur support souple). Celles-ci ont constamment besoin d’être soignées et conservées de la meilleure façon possible, afin qu’elles puissent être exposées au public dans le respect de leur valeur historique et artistique. La formation continue, la recherche, l’application de techniques de restauration nouvelles, sont en ce sens à valoriser. Un des projets d’analyse et de préservation de nos collections prévoit par exemple l’utilisation dans le futur d’un spectrophotomètre ou d’un densitomètre, capables de surveiller le vieillissement au niveau de la couche image, ce qui est particulièrement utile lorsque des épreuves sont prêtées à d’autres établissements. Des rapports complets sur l’état de conservation constituent en effet la seule façon certaine de déterminer si l’image a été altérée, ou pas. Francesca Vantellini RESTAURATION