7 N°II 2024 MuseoMag Américo en revanche traîne aujourd’hui encore les stigmates du racisme auquel il fut confronté régu- lièrement. Pedro Lima (non représenté ci-dessous) est un des premiers Capverdiens à s’installer au Luxembourg. Il évoque les épisodes positifs et négatifs à son arri- vée, comme lorsqu’on lui faisait sentir qu’il était dif- férent des autochtones. Il estime que le Luxembourg lui a donné énormément d’opportunités, à lui et à sa famille. À la fin de son témoignage, un peu ému, il nous confie qu’il a toujours pensé retourner au Cap-Vert pour sa retraite, mais une fois le moment venu, il ne pouvait plus du tout se résoudre à quitter le Luxembourg qu’il a tellement ancré dans son cœur. Il préfère désormais répartir des moyens séjours entre le Cap-Vert et le Grand-Duché. VOIX DU PORTUGAL Quatre de nos témoins (non représenté ci-dessous) vivent actuellement au Portugal. L’équipe de tour- nage de Capsule a accompagné les commissaires de l’exposition au domicile de ces témoins pour deux jours de tournage sur place. C’est dans la banlieue de Lisbonne que nous avons rencontré Paula et Rute Costa. Les deux sœurs sont nées au Portugal, mais elles ont grandi au Luxembourg. Paula était la deuxième Portugaise inscrite dans un Lycée classique au Luxembourg. Elle évoque comment elle a dû se battre contre les préjugés envers les Portugais. Les deux sœurs se rappellent très bien le temps juste après la révolu- tion, quand elles avaient hâte de rentrer au Portugal et de sentir toute cette euphorie. Mais leurs parents voulaient qu’elles finissent d’abord leurs études se- condaires au Luxembourg avant de déménager au Portugal. Toutes les deux sont reparties au Portugal pour leurs études universitaires et y ont fait toute leur carrière professionnelle. Elles reviennent ce- pendant souvent au Luxembourg – et continuent de parler… luxembourgeois ! Un peu plus au nord du pays, non loin d’Aveiro, nous avons rencontré Mario Joaquim de Pinho et Mario Teixeira Pinto, qui sont beaux-frères et étaient tous les deux partis en Afrique pendant la guerre co- loniale. Mario Pinto a ensuite toujours vécu au Por- tugal et n’a jamais pensé à partir. Mais sa fille est venue au Luxembourg au début des années 2000. Mario Pinho et Mario Pinto évoquent leurs impres- sions et souvenirs de guerre outremer. Rentrés tous les deux au Portugal avant avril 1974, ils rapportent que finalement, le 25 avril fut, contrairement au cli- mat d’euphorie à Lisbonne, un jour comme les autres et que la Révolution des Œillets aura eu peu d’im- pact sur leur quotidien. Régis Moes et Isabelle Maas TÉMOIGNAGES