13 N°III 2023 MuseoMag Redouté, a fait carrière à l’étranger. Cité comme peintre français, le «Raphaël des fleurs» fait exception dans le lot. Il s’agit plutôt d’artistes-artisans honnêtes s’inspirant de modèles en circulation à travers des gravures, copiant des compositions connues ou se laissant influencer par des artistes itinérants pour orner nos églises en plein essor au 18e siècle. D’autres ont fait les portraits des nobles de la région, quelques fois un peu raides, mais toujours des documents de leur temps très précieux, donnant un visage à ce qui sans cela, resterait de simples inscriptions dans des archives. Ensuite, il y a les créations plus décoratives, natures mortes ou allégories. C’est ce métier difficile de peintre dans une région éloignée des grands centres artistiques que Henri Carême a étudié dans sa recherche doctorale qui paraitra en accompagnement de l’exposition. Au- delà de la création picturale, c’est donc une histoire sociale et culturelle que le MNAHA se propose de présenter à travers le nouvel accrochage. Le parti pris est du coup de s’éloigner d’une présentation traditionnelle de tableaux alignés sur des cimaises. À la manière d’une galerie baroque, le spectateur pourra découvrir un foisonnement de couleurs, de formes et de sujets mélangés sans hiérarchisation sur un grand mur. Dans leur image miroir, sur la cloison opposée, se reflètera l’histoire de leur genèse, des témoignages de leur réception et maintes informations d’arrière-plan contextualisant et révélant un côté passionnant de ces peintures perçues peut-être, sans cela, comme secondaires. IMMERSION DANS L’HISTOIRE L’idée de cette mosaïque hétéroclite de grand format a pris son essor dans une collecte minutieuse d’informations lors de visites d’églises rurales, de collections locales ou privées et d’archives. Compilées de façon statique dans le volume du doctorat, elles doivent être animées par une narration pour le grand public. Ceci se fera d’une part à travers des projections d’interviews et de documentations EXPOSITION