30 museomag 02 ‘ 2022 Une plaque de rue de notre collection, datant de la seconde moitié du 20e siècle, était suspectée de contenir de l‘amiante. L’exposition Le passé colonial du Luxembourg, qui ouvre ses portes début avril, présente toute une série d’artefacts jamais exposés. Pour les conservateurs, cela signifie travailler sur des ensembles de collection certes inventoriés, mais pas nécessairement catalogués. Pour la régie et les restaurateurs, il s’agit de clarifier des techniques, d’évaluer des états de conservation et de préparer les œuvres à l’exposition. Il peut s’agir de toilettages, de restaurations complètes ou simplement de soclages. Ceci doit aussi se faire pour les œuvres empruntées. Quel type de conditionnement pour le transport, quelles conditions d’exposition et, question non anodine, quelles précautions contre d’éventuels polluants ou nuisibles faut-il prévoir? En conservation préventive, nous nous soucions avant tout des influences néfastes que l’environnement peut avoir sur nos artefacts. Microclimat dans une vi- trine nuisant à des matériaux hygroscopiques comme le bois, les matériaux scénographiques oxydant le mé- tal, l’éclairage décolorant le textile sont autant de fac- teurs de risque qu’il s’agit de minimiser. QUI MENACE QUI ? Pourtant, ce n’est pas toujours le milieu qui influence l’œuvre. Il arrive aussi que l’objet en soi présente un risque soit pour d’autres œuvres, soit pour les gens qui le côtoient, professionnels de musée ou visiteurs. Pour l’exposition en question, plusieurs de ces facteurs ont dû être pris en compte. Première découverte: une plaque de rue de notre collection, datant de la seconde moitié du 20e siècle, jusqu’ici stockée dans un emballage scellé et opa- que. Le support était décrit dans l’inventaire comme étant du «métal (ou Eternit?)». Qui dit Eternit, dit probablement amiante, fibre massivement utilisée pour des supports variés jusqu’au début des années 1990. Vu son risque sanitaire très élevé, elle est in- terdite au Luxembourg depuis 2001. Le toucher ain- si qu’une vérification à l’aimant à travers l’emballage nous ont confirmé que le support en question n’était pas de la tôle. Sa structure rugueuse confirmait une matière composite. Que faire? Le déballage pour vérification visuelle est hors de question. Renseignements pris, il devient évident que la mission relève du spécialiste. Nous voilà confrontés au service de sécurité dans la fonc- tion publique responsable de la santé de nos collè- gues, à l’ITM en charge des entreprises sous-traitantes, au ministère de la Santé gérant les problématiques des espaces accessibles au public, les notifications préa- lables pour retrait de matériaux dangereux, ainsi qu’au règlement européen REACH. D’abord il nous fallait une À VOS RISQUES ET PÉRILS UNE DEMANDE DE PRÊT A RELANCÉ LA DISCUSSION SUR LES RISQUES DE SANTÉ LIÉS À LA MANIPULATION ET À L‘EXPOSITION D‘OBJETS SPÉCIFIQUES