27 01 ‘ 2021 museomag RESTAURATION Dans le contexte de l’exposition temporaire The Museum Project, 38 photographies sont sorties de la réserve du MNHA. Celles-ci ont été montées et mises sous cadre afin d’être exposées pendant une durée prolongée au sein de l’institution. Les matériaux prévus pour les montages doivent être de grande qualité pour éviter de dégrader le support ou la couche picturale de l’œuvre. Le carton utilisé est par exemple un carton de qualité archives, recom- mandé en conservation d’œuvres d’art ou de docu- ments. Prenons l’exemple de la photographie évoquée ci-dessus: elle a été montée dans un passe-partout simple, de type parfaitement courant. Le deuxième montage utilisé pour cette exposition a été celui appelé flottant. Voyons de plus près ce qu’il en est: PASSE-PARTOUT SIMPLE… Le passe-partout est constitué de deux cartons (le devant et le dos) assemblés avec un ruban de papier gommé. Il a plusieurs fonctions: il offre une présenta- tion esthétique de l’œuvre, mais garantit aussi un meilleur soutien et une meilleure protection de l’objet durant la manipulation. Dans la partie du devant, une fenêtre permet d’apercevoir l’image de l’œuvre. Cette partie crée un espace nécessaire pour éviter que la couche picturale de l’œuvre ne touche la vitre lors- qu’elle se trouve dans le cadre. La dimension du passe-partout est choisie en fonction du format de l’œuvre et du cadre utilisé. La fenêtre incisée doit être légèrement plus grande que l’image. Cette dimension peut varier si une signature, une date ou tout autre inscription importante est présente sur l’œuvre. Habituellement, les marges supérieures et latérales ont la même largeur, et la marge inférieure est un peu plus large pour avoir un effet optique plus équilibré. La photographie est montée dans le passe-partout à l’aide de coins pour photos en polyester pour archives afin d’éviter tout apport d’adhésif sur l’œuvre. … OU MONTAGE FLOTTANT Le second type de montage a été utilisé entre autres pour l’œuvre X-Ray Visions (Turkey) de Darryl Curran. La photographie est montée sur un seul carton (dos) de conservation à l’aide de fines bandelettes de papier japonais qui ont été préalablement fixées sur le revers de l’œuvre à l’amidon de blé. Les bandelettes ne sont plus visibles une fois l’œuvre fixée sur le carton. Sur ce type de montage, la partie avant du passe-partout avec la fenêtre est inexistante. L’entièreté de l’œuvre est ainsi visible à l’œil nu. Une fois encadrée, la photo- graphie semble flotter dans le cadre, d’où l’appellation de ce montage. Pour éviter qu’en fin de parcours, la vitre ne soit en contact avec la couche picturale de l’œuvre, un cadre fin, invisible pour le spectateur, est rajouté entre le carton et la vitre. Une fois montée dans son passe-partout ou sur son carton, l’œuvre peut être mise sous cadre. Avant de poser la vitre, il est nécessaire de dépoussiérer l’œuvre avec un pinceau très doux (de préférence électrosta- tique pour les photographies) pour éviter tout type de résidus pouvant nuire à l’œuvre ou bien à la lecture de celle-ci. Le cadre est enfin fermé avec un système de vis et l’œuvre est prête pour être transportée et accrochée au musée. Deborah Velazquez