30 museomag 03 ‘ 2020 © éric chenal «AVEC 1.200 PERSONNES, IL AURAIT FALLU POUSSER LES MURS» (2/2) TROIS DE NOS GUIDES ONT PRODUIT DES VIDÉOS DE MÉDIATION CHEZ EUX DURANT LE CONFINEMENT: RETOUR SUR CETTE EXPÉRIENCE INÉDITE à faire sur place. On peut reformuler une phrase en visite, pas en vidéo. Il n‘y a pas à se soucier du bruit des voisins ou des chantiers quand on est au musée: à domicile, ces paramètres sont plus variables (d’ailleurs, il y aurait de quoi faire des making-of assez amusants). Tenter de parler devant une caméra de manière natu- relle ou apprendre à faire une prise de son correcte requiert aussi du temps. Bref, l‘expérience accélère les choses, l‘ambition les ralentit et les conditions de tour- nage rendent le tout très aléatoire!», conclut-il, amusé. Pour Loïc François, qui a privilégié le tournage en extérieur pour bénéficier de la lumière naturelle, le défi technologique (installation, tournage, son, montage, etc) s’est doublé d’un défi logistique: «Ce qui m’intéres- sait, c’était de montrer des objets authentiques; mais à défaut de pouvoir en disposer, je me suis appuyé sur les nombreuses répliques d‘objets anciens dont je dis- posais déjà pour avoir fait beaucoup de reconstitution historique», raconte celui qui a présenté une tablette de cire, un nécessaire d’hygiène et des couverts mé- diévaux. Pour ce qui est de l’approche médiatrice, tout change, selon lui: «Pour une vidéo, il faut être très pré- cis et le plus intelligible possible car il n‘y a personne en face pour vous poser une question ou vous demander de répéter. Comme j‘ai un débit de parole très élevé, j‘ai dû vraiment faire attention à ce que tout soit clair. Toutes mes vidéos sont faites en plusieurs prises, d’où les coupes au montage pour gommer les défauts et les répétitions.» UN PUBLIC À GAGNER SUR LA TOILE À la question de savoir si cet exercice de vidéo-média- tion aura permis au musée de toucher un public plus large, voire nouveau, les avis divergent. Pour Nathalie Becker, fort aise que sa vidéo sur le tableau «Bacchus et un disciple», de Jacob Joerdans, ait atteint plus de 1.200 vues, la réponse est oui. «Si on avait eu autant de visiteurs au musée, il aurait fallu pousser les murs», dit-elle. Pour Thomas Godfrin, rien n’est moins sûr et il attend de connaître les conclusions que le Service des Loïc François: «Ce qui m’intéressait, c’était de montrer des objets authentiques; pour ce faire, je me suis appuyé sur les nombreuses répliques d‘objets anciens dont je disposais déjà pour avoir fait beaucoup de reconstitution historique.»