8 museomag 03 ‘ 2018 Le Musée national d’histoire et d’art et la Cour Grand- Ducale, en collaboration avec l’Ambassade du Portugal au Luxembourg, présenteront du 10 juillet au 23 septembre 2018 au MNHA une exposition séléctive mais prestigieuse, consacrée au 125e anniversaire mariage du Prince Guillaume Alexandre de Nassau – qui en 1905 devint Grand-Duc sous le nom de Guillaume IV –, et de l’Infante du Portugal Marie Anne de Bragance, fille du Roi déchu du Portugal Michel Ier. Loin d’être anecdotique, cet événement eut des répercussions importantes sur le Grand-Duché. Comme le nota à l’époque un journaliste du quotidien L’Indépendance luxembourgeoise: «Nous sentons au fond du cœur une voix qui nous dit: vous fêtez l’avenir de votre patrie». Ceci explique donc que plus de 5.000 Luxembourgeois accueillirent le couple grand-ducal héritier lors de son Entrée solennelle à Luxembourg-Ville le 22 juillet 1893, un mois après la célébration des noces en Autriche. En effet, le mariage du Grand-Duc Héritier Guillaume, âgé alors de 41 ans, permettait d’espérer que la succession du trône pourrait être assurée pour l’avenir. Trois ans plus tôt, le père de Guillaume, Adolphe de Nassau, avait accédé au trône après le décès du Roi- Grand-Duc Guillaume III dont la fille Wilhelmine put QUAND L’UNION DE DEUX ÊTRES SCELLA L’UNION DE DEUX PEUPLES EXPOSITION TEMPORAIRE COMMÉMORANT LES 125 ANS DE MARIAGE ENTRE GUILLAUME IV ET MARIE ANNE DE BRAGANCE lui succéder sur le trône à La Haye, mais qui, de par les dispositions du Pacte de Famille de Nassau de 1783, était exclue de la succession luxembourgeoise. L’avènement du Grand-Duc Adolphe avait ainsi terminé l’union personnelle avec les Pays-Bas et offert une dynastie nationale au Luxembourg. L’indépendance du Luxembourg face à ses grands et puissants voisins semblait ainsi avoir été renforcée. Le mariage du Grand- Duc Héritier permettait d’espérer que la dynastie allait se maintenir et ainsi assurer l’indépendance du pays au long terme. Guillaume et Marie Anne eurent en effet six enfants, toutes des filles. UNE LIGNÉE FÉMININE Au-delà du rôle discret dévolu habituellement à la Grande-Duchesse Héritière, Marie Anne, décrite par la presse de 1893 comme ayant des «traits excessivement sympathiques», eut néanmoins un rôle important à jouer au Luxembourg. En 1907, Guillaume IV édite un nouveau statut de famille assurant le droit de succession au trône à ses filles. Il s'agissait d'assurer le droit de succession à sa fille aînée. Cette modification prévoyait également que les Princesses puînées seraient appelées à la succession à defaut de déscendant mâle de la En 1905, le quotidien L’Indépendance luxembourgeoise écrivit: «Nous sentons au fond du cœur une voix qui nous dit: vous fêtez l’avenir de votre patrie». © photo: munich, m. dietrich, vers 1893 / provenance: photothèque de la maison grand-ducale