8 museomag 03 ‘ 2017 Fragment d’une sculpture formant à l’origine le monument funéraire du gouverneur Claude de Neufchâtel († 24.2.1505), retrouvé dans l’église du monastère des clarisses au plateau du Saint-Esprit. Franchir les portes d’un musée, c’est se sentir quelque part archéologue dans l’âme. Avec l’avantage de faire l’économie de conditions climatiques désagréables, des mains terreuses et surtout des courbatures à force de dégager un artefact. Pour autant, que l’on aborde un parcours spécifique dans un musée ou qu’on engage une fouille archéologique, les attentes intellectuelles sont les mêmes. Objets exposés ou objets de la fouille se dévoilent à nous au fur et à mesure qu’on progresse dans la découverte, attiré par les traces du passé. Dans le cas de l’archéologue, la stratigraphie − c’est-à-dire la suite des couches de terre − permet d’interpréter la fouille, tandis que le visiteur, lui, progresse dans la connaissance de ses ancêtres au détour d’un artefact ou d’un objet qui raconte une histoire parfois insolite, personnelle, voire collective. un passÉ tangible Parmi les milliers d’objets et fragments issus du sol de la vieille ville de Luxembourg, empilés dans les dépôts ces trente dernières années, environ 270 ont connu un acheminement tout particulier. En effet, les voilà de retour en ville, valorisés dans le cadre patrimonial exceptionnel que forment les caves historiques de l’Aile Wiltheim. Sur la centaine d’interventions archéologiques menées sur le territoire de la capitale, trente-trois participent ici au récit de la reconstitution de la vie médiévale des dirigeants et bourgeois de notre ville. Dans la nouvelle exposition permanente «Archéologie urbaine», qui clôture le cycle des travaux de réhabilitation ambitieux entrepris dans l’Aile Wiltheim, plusieurs dispositifs d’accessibilité visuelle et tactile complètent les objets exposés. La finalité du projet d’exposition n’était pas celle de se limiter aux soi-disant «beaux objets». Certes, certains sont plus élaborés que d’autres: si les uns, plus simples, sont davantage témoins de la vie de tous les jours, les autres, plus subtils, évoquent les classes sociales supérieures. A l’instar de ce blason sur une pierre de linteau se trouvant jadis sur la légendaire tour Mélusine dans l’arrière-cour de la rue de la Boucherie, qui est la marque distinctive d’appartenance à un rang élevé. Ou encore ces fragments d’une sculpture en ronde bosse qui formaient le monument funéraire du gouverneur Claude de Neufchâtel, décédé le 24.2.1505, retrouvé dans l’église du monastère des clarisses au plateau du Saint-Esprit. Ou bien ce nœud celtique insolite taillé sur la pierre, trouvé dans l’ancien palais du gouverneur «arChÉologie urbaine»: Cave Cellam! la nouvelle exposition permanente paraChève les travaux de rÉhabilitation arChiteCturale et musÉographique du musÉe © éric chenal