96 INTRODUCTION Le XIXe siècle relève d’une importance fondamentale pour l’histoire du grand-duché de Luxembourg. Si cette époque et les événements menant à la création du grand-duché du Luxembourg ont suscité beaucoup d’attention de la part des historiens1, l’histoire de l’art du XIXe siècle sur les territoires luxembourgeois reste encore un terrain à découvrir.2 Décoré de l’ordre de la Couronne de Chêne, l’artiste Jean- Baptiste Fresez (1800-1867)3 est une des figures majeures de la première moitié du XIXe siècle ayant participé au dévelop- pement de l’art sur le territoire du grand-duché de Luxem- bourg. Dès lors, il mérite une analyse approfondie de son œuvre. Ses œuvres se retrouvent dans les plus importantes collections luxembourgeoises.4 Dans notre contribution, nous allons nous intéresser à la carrière artistique de Jean-Baptiste Fresez (1800-1867) afin de démontrer l’importance de cet artiste dans l’histoire de l’art au Luxembourg. Par la suite, il s’agira de s’attarder sur un aspect spécifique de sa création, à savoir la représentation de paysages et de châteaux dans son œuvre. Pour finir, nous nous intéresserons sur les relations entre l’artiste et les diri- geants de son époque, dont le point culminant représentent dix aquarelles offertes au Roi Grand-Duc en 1841.5 Dans l’état actuel, il n’existe pas de catalogue raisonné de l’œuvre de Jean-Baptiste Fresez.6 Nos sources se sont limitées à plusieurs publications mentionnant cet important artiste du XIXe siècle.7 De ce fait, à ce stade de nos recherches, notre étude consiste en une contribution soulignant l’importance et l’intérêt du travail encore à réaliser. Proposer quelques pistes de travail et de réflexion et, par la même, susciter les indis- pensables approfondissements en vue de publier, en temps voulu, l’étude de synthèse qu’appelle ce sujet, telle est la pré- tention de cette contribution. Le peintre Jean-Baptiste Fresez est né à Longwy le 10 juillet 1800 dans une famille d’artistes-ouvriers originaire d’Audun- le-Tiche8 (Moselle). Le grand-père de Jean-Baptiste Fresez créa les plans de la fabrique et du château de Septfontaines (ou Septfontaines-lez-Luxembourg) pour M. P.-J. Boch, fon- dateur de la fabrique de faïence (Manufacture de Fayence et de Terre de Pipe) sous le règne de Joseph II. Et, « son père y exerça le métier de modeleur »9. D’autre part, « un de ses oncles était mécanicien, l’autre horloger distingué, établis, l’un à Metz, l’autre à Audan »10. Après la prise de la forteresse par les troupes françaises, en 1795, la famille Fresez quitta le pays et se fixa à Longwy où Jean-Baptiste vit le jour.11 En 1802 toute la famille reprit do- micile à Septfontaines. Jean-Baptiste Fresez a grandi donc à Luxembourg, c’est là qu’il reçut sa première formation artistique, d’abord par son père, puis à l’école de dessin que les Boch avaient créée dans leur fabrique. Plus tard, il fréquente l’atelier du peintre Pierre- François Maisonnet (1783-1826) qui donnait en ville un cours de dessin rattaché à l’Ecole Centrale du Département des Forêts, enseignement tout classique, se confinant dans la copie de plâtres antiques et de gravures. En 1814, il est peintre à la faïencerie de Mettlach, la succur- sale que les Boch ont ouverte en 1809. Plus tard, il va contri- buer à la décoration de porcelaine, avec la reproduction de ces paysages et plus particulièrement de ses Vues de Luxem- bourg, dessinées et parues en lithographies à partir de 1828. En effet, « Jean-François Boch n’avait de cesse qu’il n’eût mis au point la technique de l’impression sur faïence »12 et bien- tôt cette technique trouve son application à Septfontaines. Rapidement on copiait tout sur faïence : paysages, scènes amusantes, scènes de chasse, scènes historiques, etc. Et, les livres illustrés de l’époque fournissent les modèles, tels que les voyages pittoresques.13 Jean-Baptiste Fresez (1800-1867), un artiste luxembourgeois du XIXe siècle Malgorzata Nowara